A la recherche des patients « perdus de vue » en Côte d’Ivoire

Astou Coly

Senior Improvement Advisor, USAID ASSIST Project/URC

Les patients séropositifs qui ratent trois visites médicales successives sont désignés comme « perdus de vue » par leur centre de prise en charge. Cependant, souvent, le devenir de ses patients est inconnu.  Ces patients sont-ils décédés ? Reçoivent-ils des soins ailleurs ? Ou ont-ils tout simplement interrompu leur traitement?

A la requête de PEPFAR,  HCI a conduit, en collaboration avec le Programme National de Prise en Charge Médicale des Personnes Vivant avec le VIH  (PNPEC), une étude visant à déterminer le statut des patients séropositifs sous traitement antirétroviral désignés comme perdus de vue en Côte d’Ivoire ainsi que les facteurs associés au statut de perdu de vue.  Durant cette étude, les agents communautaires ont recherché par appels téléphoniques ou par visites à domicile 7070 patients qui étaient perdus de vue. Pour les 3037  patients dont les enquêteurs ont pu obtenir des informations,  31% ont refusé de fournir des informations, 23%  étaient décédés, 22% s’étaient auto-transférés dans d'autres centres de prise en charge et 24% avaient interrompu leur traitement.

Et quelles sont les raisons qui ont poussé ces patients à interrompre leur traitement? Notre étude a révélé qu’en Côte d'Ivoire, en plus des facteurs socio-économiques, structurels et cliniques, il existe d’importants facteurs liés au système de santé qui sont associés à la sortie du circuit de traitement. Ces facteurs incluent les longs temps d’attente, la non-disponibilité des prestataires et les heures de rendez-vous non convenables. En outre, la perception de faiblesses dans la qualité des services reçus par les patients est aussi liée à de plus fortes chances d’interruption du traitement.

Quelle est la pertinence de ces résultats? D’abord, nous avons une meilleure idée du devenir des patients perdus de vue en Côte d’Ivoire. Nous savons maintenant qu’une grande partie des patients dits perdus de vue  sont donc en réalité ou décédés ou entrain de poursuivre leur traitement dans d’autres centres de prise en charge. Ensuite, il existe des facteurs tels que la qualité des soins  sur lesquels les programmes peuvent agir afin de promouvoir la rétention des patients sous traitement antirétroviral. Les résultats de cette étude pourront donc permettre au PNPEC et aux partenaires  de mettre en œuvre des stratégies pour promouvoir la rétention des patients sous traitement antirétroviral en Côte d’Ivoire.

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Looking for patients “lost to follow-up” in Cote d’Ivoire

HIV-infected patients who have stopped going to their HIV care facility are called “lost to follow-up”. But this is an administrative classification and in reality, we do not know whether these patients have actually stopped their treatment, are dead or are receiving treatment elsewhere. And how are we to evaluate the impact of HIV programs or develop appropriate interventions to keep patients in care if we do not know what happened to these patients and why they stopped going to their clinic?

HCI, in collaboration with the National Program for HIV Care (PNPEC) conducted a study to determine the true status of patients “lost to follow-up” in 42 facilities in Cote d’Ivoire.  Community health workers located these patients through phone calls and home visits and found that among 3037 patients “lost to follow-up” located, 31% were alive but refused to provide any information, 23% had died, 22% had transferred to other health facilities and 24% were not receiving treatment from any facility.  And why did these patients stop their treatment? Our study showed that patients who perceived the quality of services they received as low, experienced long wait times during appointments and who were not satisfied with services received were more likely to stop their treatment.  

What do these findings mean? First, community health workers with clearly defined roles and responsibilities can successfully locate patients “lost to follow-up” and document their true status with reasonable costs to programs.  This is important because in addition to providing information on what happened to these patients, this represents an opportunity for these community workers to provide counseling and help re-integrate these patients into treatment. Secondly, a large number of patients classified as “lost to follow-up” in Cote d’Ivoire are either dead or receiving care in a another facility. Loss to follow up estimates reported by programs should therefore be corrected to account for deaths and self-transfers. Lastly, there are factors such as quality of care and satisfaction that programs can work on to keep HIV-infected patients in care in Cote d’Ivoire.  Quality improvement approaches such as the ones used by the ASSIST project could help address these facility-level determinants of retention in care.

Findings from this study can help the National HIV Care Program and PEPFAR’s partners in Cote d’Ivoire develop appropriate interventions to promote the retention of HIV-infected patients in care.

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